jeudi 7 mars 2013

Un jour, un poème,

Extrait de

Le poète et la méchante humeur
...
"Toute cetteméchante humeur, comme
un brouillard entre les êtres et moi, un
brouillard tiède et poisseux.
Est ce ma faute à moi si je grimace ?
Tout le monde, et en premier lieu la
météo, fait bien la grimace !

D'ailleurs l'heure de se lever est déjà
dépassée largement, et personne n'a l'air
de s'inquiéter. "...

Jean Marie Barnaud

mardi 5 mars 2013

Un jour, un poème

                                                                    "D'une sarbacane" 
 
quand à deux on se dit
que l’on peut refaire le monde
en tournant une page

c’est déjà le début d’un voyage
on se dresse un lit de papier
et les yeux font le reste

en tournant une page
pas pour changer l’univers
le mouvement des sphères
la marche des nuages

mais être là lecteur de soi
devenir paysage
vivre à deux comme lancé
d’une sarbacane

quand à deux on s’avance
pour lire entre les lignes
pour imprimer les signes
de ses pas ses détours

quand à deux on s’avance
au retour de l’enfance
ses allers ses retours

comme lancé loin des arcanes
d’une seule sarbacane
pour un supplément d’amour


Carl Norac
Source Printemps des poètes

lundi 4 mars 2013

un jour, un poème

"Elégie"

J’étais à toi peut-être avant de t’avoir vu.
Ma vie, en se formant, fut promise à la tienne ;
Ton nom m’en avertit par un trouble imprévu,
Ton âme s’y cachait pour éveiller la mienne.
Je l’entendis un jour, et je perdis la voix ;
Je l’écoutai longtemps, j’oubliai de répondre.
Mon être avec le tien venait de se confondre,
Je crus qu’on m’appelait pour la première fois.

Savais-tu ce prodige ? Eh bien, sans te connaître,
J’ai deviné par lui mon amant et mon maître ;
Et je le reconnus dans tes premiers accents,
Quand tu vins éclairer mes beaux jours languissants.
Ta voix me fit pâlir, et mes yeux se baissèrent ;
Dans un regard muet nos âmes s’embrassèrent ;
Au fond de ce regard ton nom se révéla,
Et sans le demander j’avais dit : Le voilà !

Dès lors il ressaisit mon oreille étonnée ;
Elle y devint soumise, elle y fut enchaînée.
Comme un timbre vivant, l’écho du souvenir
Appelait par ton nom l’écho de l’avenir.
Je le lisais partout, ce nom rempli de charmes,
Et je le relisais, et je versais des larmes.1
D’un éloge enchanteur toujours environné,
À mes yeux éblouis il s’offrait couronné.
Je l’écrivais… bientôt je n’osai plus l’écrire,
Et mon timide amour le changeait en sourire.
Il me cherchait la nuit, il berçait mon sommeil ;
Il résonnait encore autour de mon réveil ;
Il errait dans mon souffle, et lorsque je soupire
C’est lui qui me caresse et que mon cœur respire.

Nom chéri ! nom charmant ! oracle de mon sort !
Hélas ! que tu me plais, que ta grâce me touche !
Tu m’annonças la vie, et, mêlé dans la mort,
Comme un dernier baiser tu fermeras ma bouche.

Marceline Desbordes Valmore

Source "Le printemps des poètes"

dimanche 3 mars 2013

un jour, un poéme

"Ronds"

La nuit relaie le jour
avec la certitude du ballon
rond
d'avoir roulé.
Mais de qui, de quoi
vivras tu à la seconde prochaine ?
Qui croiras tu ?
Des gens ou des mots?
Qui aimeras tu
comme on doit aimer
sur cette Terre
où rien ne survit
sans l'eau de la lumière ?
 
La nuit, le jour, les ballons
je n'ai confiance qu'en la beauté
des cercles pas très ronds
que, sans y croire
les enfants font.
Par coeur, par terre.
 
Alain Serres
 
Extait de "Chercheur d'air" 

samedi 2 mars 2013

Un jour, un poéme

"Ode à l'espoir"

Crépuscule marin,
au milieu de ma vie,
les vagues comme des raisins,
la solitude du ciel,
tu m'emplis
et débordes,
toute la mer,
tout le ciel,
mouvement et espace,
les bataillons blancs
de l'écume,
la terre orangée,
la ceinture
incendiée
du soleil en agonie,
tant
de dons, de dons,
oiseaux
qui vont à leurs rêves,
et la mer, la mer,
senteur
en suspens,
choeur de sel sonore,
cependant que
nous
les humains,
au bord de l'eau,
nous luttons
et espérons
devant la mer,
nous espérons.

Les vagues disent à la côte solide :
"Tout sera accompli."

Pablo Néruda
Extrait des "Odes élémentaires"

vendredi 1 mars 2013

Au mois de Mars, chaque jour un poéme

La Bibliothèque aime le Printemps des poétes
Le mois de Mars célébre la poésie,

Du 9 au 24 mars nous vous proposons des rendez-vous poétique à la bibliothèque et hors les murs :
Expos, p'tit déj, gouter, atelier plastique et d'écriture

Samedi 9 Mars,  Sur le marché,
Rajouter quelques grammes de poésie à votre panier

Samedi 16 mars 14h30, A l'échoppe café,
Atelier d'arts plastique et goûter poétique, comme "Les chats pelés" illustrons "Les voix du poème"

Dimanche 17 mars dés 15h, Un jardin privé s'ouvre à la palabre poétique, La Marmory (au coeur de La Réole)

Mardi 19 Mars de 19h30 à 21H30, atelier d'écriture à l'Echoppe café, renseignement auprès de l'Echoppe café

Samedi 23 Mars Rendez vous poétique improvisé au carnaval sur les pelouses du cloître pour les amateurs, les curieux, ou amoureux de la poésie...


***

Et sur notre Blog découvrez chaque jour  de Mars un poème :



"Dans les voix du poème"



Dans les voix du poème, le silence des pauvres
Voix des brumes
Au pieds des feux
Sur la mer
L'âme des marins morts
Aile de vague douce
Chant lointain des eaux vives
Lever de lune sous un ciel d\'or
Vaisseau fantôme
Hommes de flammes
Rire des enfants d\'Alep
Aux chars abandonnés
Houles et vents
Réinventent les gris
Pour des nuages qui dansent
Table de roses et de lumières
Pétales embarqués
Rêve d\'un soir flouté
Tremblant de deviner le chant du monde
Voix des chimères
Voix réfractaire voix solaire
Voix blanche voix caverneuse
Dire des maux simples
Des mots pour tous
Les damnés de la Terre
Difficiles à trouver
Les mots légers pour dire le lourd
Des mots d\'écume pour les abysses
De petites fleurs de terril
Pour la vie sacrifiée des mineurs
Voix du secret
Voix des Roms
Cailloux jetés aux routes d\'infamie
Loin de la belle errance
Cris de colère en torches violentes
Pour que surgissent
Les rencontres enflammées de la vie chatoyante.


Sonia Branglidor

jeudi 31 janvier 2013

On a lu...

MARIO RAMOS


Biographie

Je suis né à Bruxelles, en 1958, de mère belge et de père portugais.
Mon enfance est rythmée par les séjours chez ma grand-mère, à l’orée du bois, et les vacances au soleil du Portugal.

Comme tous les enfants, je dessinais. Je n’ai tout simplement jamais arrêté. Le dessin m’a toujours aidé à vivre. Très tôt, je suis fasciné par tout ce qu'on peut transmettre par un petit dessin.
Chez nous, on n’avait pas la télévision.
Je me rappelle des albums de Tintin et des films de Charlie Chaplin.

Etudes supérieures de communication graphique. J’ouvre les yeux sur le monde du graphisme et de l’image qui envahit notre société. Je découvre les fabuleux dessins de Saul Steinberg (le père de tous les dessinateurs), et de Tomi Ungerer.
On s’inscrit toujours dans une continuité.

En 1983 je commence à gagner ma vie comme dessinateur.
J’ai dû un peu m’accrocher mais assez vite, je réussis à faire passer quelques belles idées. Le reste a suivi.
Je publie deux livres chez un petit éditeur qui fait faillite. Ça calme mes envies d’édition.
Je réalise de nombreuses affiches, dessins de presse, couvertures, dessins de pub, un peu tout ce qu’on me propose.
J’étais curieux. Tout m’intéressait.

Vers 91, avec la crise, les clients deviennent frileux. De toute façon, je commençais à me lasser de la publicité (que j’ai arrêtée définitivement), ça n’était plus drôle du tout : les meilleures idées restaient dans les cartons. Je suis donc revenu vers les livres.

Je suis allé voir « Pastel », le bureau belge de l’éditeur qui me faisait rêver : « l’école des loisirs ». Ils m’ont fait confiance et ça m’a permis de développer mon univers. J’ai commencé par illustrer des textes mais ce que je voulais, c'était raconter mes histoires.

En 1995, sort mon premier livre (texte et dessins) :
« Le monde à l’envers ».
Depuis, je n’ai plus arrêté, et le livre pour enfants est devenu mon activité principale.

Un bon livre c’est d’abord une bonne histoire.
Le texte et les dessins sont intimement liés, les deux racontent l’histoire. Sans oublier l’humour (la politesse du désespoir).
Je recherche la simplicité (qui demande parfois beaucoup de travail).
L’album pour enfants parle aussi aux adultes, d’où l’importance des différents niveaux de lecture. De toute façon, un enfant comprend toujours beaucoup plus que ce qu’on croit.

Il faut être très humble par rapport à la création. On attrape des idées qui sont là, autour de nous. Elles ne font que nous traverser pour atterrir sur la feuille blanche.
Notre travail, c’est de rendre cela visible. C’est une façon de communiquer.
Avec un crayon et du papier, tout est possible. C’est magique !




...à voix haute

 






 des livres à emprunter à la bibliothèque ou apporter par des familles.
On s'est régalé !


Bientôt dans nos bacs